3. SCPI et Branche 21 (02/2010)

La pierre-papier, un remède anti-crise.

Depuis la crise économique, la pierre-papier connaît un regain d’intérêt du fait des rémunérations peu attractives des branches 21. En 2009, la rémunération était de l’ordre de 3,5%, mais les prévisions pour 2010 ne sont pas très prometteuses car on envisage un retour à des taux historiquement bas (de l’ordre de 3%). Dans cette perspective, les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) dévoilent tous leurs intérêts.

L’investissement dans l’immobilier est souvent considéré comme une valeur refuge. Mais sous ce terme, sont regroupés différents types d’investissements. L’investissement dans la pierre regroupe l’achat de la résidence principale, d’un immeuble de rapport par lesquels l’acheteur devient directement propriétaire d’un bien immobilier. Avec ce type d’investissement, la difficulté réside dans la gestion au quotidien et sur le long terme. L’investissement papier, type SCPI permet à l’acheteur de devenir indirectement propriétaire d’un bien sans en assumer les contraintes de gestions (absence de locataire, réunions de co-propriété…). L’objet d’une SCPI est l’acquisition et la gestion d’un patrimoine immobilier locatif qui est composé soit d’habitations, de bureaux, d’entrepôts ou de commerces. Les SCPI ne sont pas des véhicules de spéculation à court terme. En effet, elles sont rigoureusement encadrées, et ne peuvent être cotées en bourse pour éviter toute corrélation aux marchés financiers.

L’investissement dans les parts de SCPI assure aux associés des revenus élevés et réguliers grâce à une gestion rigoureuse des immeubles. Le prix d’acquisition des parts de SCPI sont variables (de l’ordre de 100 euros la part), ce qui permet de déterminer son investissement en fonction de ses ressources disponibles. La SCPI permet la diversification du patrimoine en accédant à l’immobilier d’entreprise généralement peu accessible, mais plus rémunérateur que l’immobilier d’habitation. L’épargnant bénéficie de taux de rendements importants sans subir les contraintes de gestion. Ainsi, ce sont les murs de magasins qui offrent le plus grand rendement (5,4% en 2010). Le rendement est donc supérieur à une branche 21 même si le capital n’est pas garanti. Néanmoins, les SCPI sont composées d’immeubles ayant des baux sur longue période. L’anticipation et la visibilité des revenus futurs est grande ce qui permet à la SCPI une marge de manœuvre importante et une plus grande sélection dans ces investissements futurs. Cependant, en constituant son patrimoine sur plusieurs années, à des niveaux de prix variables, en répartissant géographiquement ses biens, la SCPI permet la mutualisation des risques. C’est ici que réside l’intérêt de ces investissements.

Les avantages des SCPI sont nombreux, mais il ne doivent pas occulter leur manque de souplesse. La vente d’un immeuble n’est possible que s’il a été détenu par la SCPI pendant au moins six. Cette réglementation rigoureuse qui est un frein à une gestion dynamique de ses immeubles permet une visibilité des revenus futurs attendus. Ensuite, comme tout marché, l’immobilier est soumis à des variations cycliques qui ont des impacts sur le rendement de l’investissement. La liquidité du placement a été améliorée par la mise en place d’un marché réglementé, en raison de la nature du placement et des frais de transactions. Aujourd’hui, les parts se revendent facilement sur le marché secondaire. Cependant, la liquidité dépendra aussi de la qualité du fournisseur. Enfin, certaines SCPI d’habitation octroient un avantage fiscal en contrepartie de l’engagement de conserver la totalité des parts pendant neuf ans. Toute cession de parts intervenant dans ce délai remettra en cause l’avantage fiscal.

Comme chacun le sait, économie rime de plus en plus avec écologie ; c’est pourquoi de nombreux placements répondent à des critères environnementaux. Certaines SCPI se sont spécialisées dans l’investissement d’immeubles respectant les futures réglementations énergiques…

4. La finance islamique, une alternative à la finance conventionnelle ? (03/2010)

La crise financière a mis en exergue certaines approches d’investissements, telle la finance islamique, qui ont eu la vertu de résister aux contreperformances de certaines catégories de placements. Certes, la crise de Dubaï en novembre 2009 a ébranlé cette résistance, mais elle ne remet pas pour autant en cause l’attrait pour les investissements islamiques. Selon Christine Lagarde, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi en France “la finance islamique présente bien des avantages “. Ainsi, il convient de revenir sur ses origines et sa place dans le monde pour comprendre l’engouement général autour de la finance islamique.

Qu’entend-on par finance islamique ? Le mot Islam a pour origine le verbe aslama qui signifie se résigner, se soumettre en l’occurrence ici à Dieu, mais qui peut être aussi synonyme de « lâcher prise ». Par essence, l’islam est un élan vers l’autre de paix. La finance islamique qui tire son origine de cette quête du savoir se présente comme une forme d’intermédiation financière qui s’appuie sur les préceptes de l’islam. C’est pourquoi afin de maintenir des conditions d’échanges saines et équilibrées, il encourage une concurrence allant dans le sens de l’intérêt général. D’une façon globale, il s’agit donc d’un système financier éthique qui, tout en intégrant des objectifs de rentabilité et d’efficacité, respecte l’ensemble des principes éthiques de la Charia. Cependant, il est intéressant de noter que l’on peut faire de la finance islamique sans le savoir car les investissements responsables sont entrés dans les mœurs.

La finance islamique est relativement ancienne. En effet, si le profane à l’impression de la découvrir aujourd’hui en pleine crise financière ; il faut savoir qu’elle a permis pendant près de douze siècles à la société marchande arabo-musulmane de prospérer et de bénéficier de moyens de financement conformes aux injonctions de la Charia. En réalité le démarrage de la finance islamique telle que nous l’entendons aujourd’hui a été tardif. Il remonte aux années 1970 avec la création de la première caisse d’épargne islamique dans un petit village égyptien. La création de la première banque islamique commerciale en 1974 à Dubaï marque symboliquement la date de naissance de la finance islamique. Elle connait un développement remarquable depuis plus de 30 ans ; les chocs pétroliers ayant été des accélérateurs efficaces en raison de la nécessité, pour les pays pétroliers, de placer les excédents qui en ont résulté. En effet, on estime qu’il y a aujourd’hui plus de 300 banques islamiques dans le monde. Le taux de croissance annuel de l’activité bancaire islamique se situe entre 10% et 30% en fonction des classes d’actifs, dont la plus dynamique est celle des sukuk (obligations islamiques). Enfin, selon les estimations de Moody’s, le marché global de la finance islamique représente aujourd’hui de 750 à 1.000 milliards de dollars et pourrait atteindre 2.800 milliards d’ici 2015.

La finance islamique conquiert le monde à grand pas, même si son implantation laisse apparaitre une nette domination, de l’espace musulman avec un total de 60% des placements dans le golfe Arabo-persique et 20% en Asie du Sud Est. La finance islamique est encore faible en Afrique mais l’Afrique constitue sans nul doute un marché potentiel important car il compte 412 millions de musulmans et bénéficie de la hausse des prix des matières premières. Si elle se rencontre essentiellement au Proche Orient et en Malaisie, la finance islamique s’exporte désormais aux Etats Unis et en Europe, où la première banque islamique, l’Islamic Bank of Britain, a été ouverte en 2004, notamment à Londres mais aussi en Allemagne. La Grande Bretagne a su adopter ses règles juridiques et fiscales pour renforcer l’attractivité de la place financière de Londres grâce à une offre de services adéquate. La France quant à elle n’a pas encore pris d’initiative particulière en la matière bien qu’elle compte la première communauté musulmane d’Europe avec près de 5,5 millions de personnes contre 2,5 en Grande Bretagne. Enfin, la Belgique s’intéresse de plus en plus à cette alternative, même si les avancées en la matière sont en réalité très timides.

Finance Islamique

Enjeux et opportunités de la Finance Islamique

{Conférence – Petit déjeuner}

{{Thème précis : Enjeux et opportunités de la Finance Islamique }}

{{.}} Etat des lieux et principes de la Finance Islamique

{{.}} Application pratiques de la Finance Islamique (en matière immobilière, mobilière et financière)

{{Les intervenants :}}

Delphine Padovani, Directeur de Priorités Patrimoine, Family officer

Inès Wouters, Avocate au Barreau de Bruxelles, spécialisée en droit fiscal, Association Afschrift

Mohamed Boulif, Consultant en Finance Islamique, cabinet Al Maalya

[**1 avril 2010 de 8h30 à 9h30*]

{{Lieu : }}

à définir

L’inscription étant obligatoire, nous vous remercions donc de vous inscrire à l’adresse :

d.padovani@prioritéspatrimoine.com

ou aux numéros de téléphone suivants :
+32 (0)473 59 12 36
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