6. La finance islamique, une finance emprunte de morale (05/2010)

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Selon l’expression du philosophe André Comte-Sponville « le capitalisme ne peut être moral, ni contre la morale. Il est tout simplement amoral ». En effet, l’économie mondiale est dirigée par un capitalisme caractérisé par la spéculation, l’usure. Dans la quête aveugle du profit, les règles morales, éthiques et philosophiques censées protéger l’intérêt commun sont reléguées au second plan. Face à la persistance et à l’acuité de cette crise financière, la finance islamique, aux vertus humaines et morales, semble être une alternative pérenne à cette crise. Il convient d’étudier dès lors, dans un premier temps, ce qu’est concrètement la finance islamique : une finance respectueuse de certains principes, puis dans un second temps d’en analyser le fonctionnement.

Les principes de la finance islamique sont tirés du droit musulman dont le Coran pose certaines règles et lois. Mais, il convient de citer aussi la Sunna qui est un recueil écrit de l’ensemble des paroles et actes du prophète Mahomet. Cette dernière relate ainsi la manière d’être et de se comporter du Prophète, modèle qui est sensé guider et orienter les musulmans. De ces sources, on peut retirer cinq principes fondamentaux.
La finance islamique prohibe le « riba », ce qui correspond en droit français à l’usure et au taux d’intérêt. Il faut éviter tout amalgame en notant que la finance islamique n’est pas pour autant incompatible avec la recherche de profits car l’islam reconnait la propriété individuelle ainsi que le gain. Ensuite, la finance islamique interdit les contrats entachés de gharar, qui peut être défini comme le risque de perte que l’on retrouve dans la vente de biens dont l’existence n’est pas certaine. La spéculation est interdite par le droit islamique. Ainsi, les contrats passés ne doivent pas contenir d’éléments d’incertitude ou de spéculation tels des swaps ou futures. De plus, les opérations de financement doivent porter uniquement sur des actifs autorisés par l’islam, ce qui exclut par nature les activités économiques liées à l’alcool, l’armement, la pornographie. Enfin, le dernier pilier de la finance islamique est le partage des profits et pertes entre le prêteur et l’emprunteur. Ainsi, il existe une communauté d’intérêt entre le banquier et l’emprunteur car ils deviennent de réels partenaires. (Contrairement aux conflits d’intérêts qui peuvent exister dans la finance conventionnelle).

En tenant compte de ces principes de base, les banques et les institutions financières islamiques ont mis en place des techniques de financement tout à faire particulières qu’il convient ici de présenter.
Le premier dispositif appelé « mourabaha » concerne les crédits bancaires traditionnels. Alors que dan la finance conventionnelle, le particulier achète un bien grâce à l’emprunt consenti par la banque, ici la banque achète un actif donné, et le revend au client moyennant des paiements convenus d’avance. La Banque se rémunère non pas par un intérêt mais par une commission fixe. La charia est donc respectée car il n’y a pas de rémunération de l’argent mais seulement du service rendu.
Le second dispositif, appelé La moudaraba est une technique de financement participatif que l’on pourrait résumer comme une association du capital et du travail en vue de partager les bénéfices réalisés. Il s’agit d’une opération mettant en relation un investisseur, qui apporte le capital et un entrepreneur qui apporte son expertise. L’entrepreneur est responsable de la gestion de l’activité, et les bénéfices (hors capital engagé et frais de gestion de l’entrepreneur) sont partagés entre les deux parties selon une répartition prévue dans le contrat. En cas de pertes, celles-ci sont supportées par l’investisseur, l’entrepreneur perdant son apport en capital humain, c’est-à-dire la rémunération de son temps de travail. Ainsi, les deux parties partagent les risques de l’affaire en ce sens que tant les profits de l’investisseur que la rémunération du moudareb dépendent du résultat de la gestion du capital.
Enfin, le sukuk est un instrument clé de la finance islamique. Le sukuk est une alternative à l’obligation classique qui est illicite en islam. C’est un produit financier adossé à un actif tangible et à échéance fixe qui confère un droit de créance à son propriétaire. Celui-ci reçoit une part du profit attaché au rendement de l’actif sous jacent. Il n’y a donc pas de taux d’intérêt pour ce qui est des Sukuk car il est prohibé. L’actif tangible (le sous-jacent) doit être obligatoirement licite.

La finance islamique semble être une opportunité pour la stabilité du système financier international. En effet, par ses fondements, elle allie transparence, responsabilité et éthique avec partage du profit, entreprenariat et création de richesses.

5. FMI et Crise grecque (30/04/2010)

Le {{FMI }} a mis à jour ses perspectives en termes de croissance globale, revue à 4,2% pour 2010 et à 4,3% pour 2011. Le FMI a estimé ces chiffres d’après les pertes dues à la crise financière et à la croissance en parallèle des zones émergentes. La reprise économique mondiale semble gagner en stabilité bien que la {{situation grecque et « l’effet Goldman Sachs »}} déstabilisent les marchés depuis quelques semaines. L’abaissement de la notation de la dette souveraine de la Grèce (Moody’s) a renforcé l’inquiétude des investisseurs et provoqué la baisse de l’euro, descendu à 1,33 dollar. Un accord a néanmoins été trouvé pour que les pays de la Zone Euro accordent un prêt à hauteur de 30 Mds € à l’Etat Grec, tandis que le FMI pourrait offrir 15 Mds €.

D’autre part, le CAC 40 a plongé sous les 4000 points (3986,63 points), suite à l’annonce des poursuites entamées par la SEC (Securities & Exchange Commission) contre Goldman Sachs, accusée d’avoir généré des profits en pariant contre un produit structuré hypothécaire (CDO) qu’elle-même commercialise auprès de ses clients. Ce nouveau scandale a plongé les marchés dans l’incertitude. Ainsi le {{CAC 40 a perdu 1,58%}} dans la semaine du 12 avril, tandis que le Dow Jones a enregistré une légère croissance de 0,19%. Sur le marché des matières premières, le prix de l’acier remonte, le cours du pétrole a grimpé de 2%, tandis que l’or a maintenu son cours au-dessus des 1150 $ l’once d’or.

En cette saison des résultats, la publication des résultats des entreprises a été l’événement des dernières semaines.

En {{Europe}}, les chiffres sont encourageants concernant la production industrielle dans la zone euro en hausse de 0,9% en février 2010, très satisfaisant face à des attente de 0,1%. Sur un an, la production industrielle enregistre une hausse de 4,1% contre +1% en février 2009. Ainsi le trafic passagers Fraport a augmenté de 8,3% en mars contre -1% en février, et le trafic Cargo a progressé de 37,4%. Les entreprises qui ont surpris par des chiffres supérieurs aux attentes sont Daimler, Philips, Nestlé, et Norvatis, tandis que Nokia a déçu sur tous les plans, entraînant une baisse de 14% de son cours.

En {{France}}, les valeurs industrielles ont su profiter du rebond économique, en particulier le secteur automobile, où Peugeot a publié des chiffres en nette amélioration de même que Zodiac et Safran, de même que les grandes entreprises comme LVMH et Danone, profitant de leur croissance en Asie. Le secteur aérien a quant à lui souffert des perturbations liées au nuage de cendres.

Aux {{Etats-Unis}}, plus de 15% des entreprises du S&P 500 ont publié leurs résultats. Dans le secteur de la banque, Bank of America, Citigroup et JP Morgan publient des résultats nettement supérieurs aux attentes et confirment une baisse du taux de défaut des crédits. Les valeurs technologiques enregistrent elles aussi des résultats plus que satisfaisants. Apple affiche ainsi un résultat historique avec un bénéfice par action de 3,33 $ contre 2,40 attendus, ce qui le propulse 2ème entreprise du S&P 500, derrière Exxon et devant Microsoft.

En {{Asie}}, avec l’Indonésie, Singapour est en passe de devenir un marché central en termes de performances cette année, avec un PIB en hausse de 13% au premier trimestre 2010. Au Japon le Topix (Tokyo stock Price Index) a baissé de 0,73% dans la semaine du 19/04. Tandis que le fabricant de cosmétiques Shiséido a annoncé sa volonté de pénétrer davantage le marché chinois, le développement des pays émergents devrait profiter au Japon qui a investi dans ces pays au cours des années précédentes.