Newsletter 34 : Retraites : à quoi s’attendre ?

L’instauration d’une Contribution Additionnelle de
Solidarité pour l’Autonomie (CASA)
Afin de financer la dépendance, un nouveau prélèvement sera institué sur les pensions de retraite à compter de
2013. Initialement annoncée à 0,15 % pour cette année, la
CASA sera finalement due au taux de 0,30 % à compter du
1er avril prochain pour tous les retraités acquittant plus de 61 € d’impôt.

L’objectif annoncé : restaurer l’équité entre salariés et retraités quant au financement de la dépendance… mais surtout trouver de nouvelles ressources (estimées à 500
000 000 €) pour la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie.

Et demain ?

Pour limiter l’hémorragie des régimes complémentaires
ARCCO et AGIRC qui pourrait atteindre 10 milliards d’euros en 2017, les partenaires sociaux s’orientent vers une limitation de la revalorisation des pensions des régimes complémentaires. Ainsi, au 1er avril 2013, la revalorisation annuelle ne pourrait être que de 0,8 % alors que l’inflation est estimée à 1,8 %.
Les retraités verront, en 2013, leur pouvoir d’achat
diminuer… et malheureusement il ne s’agit là que d’un début.

En effet, le Conseil d’Orientation des Retraites annonce un déficit prévisionnel des régimes de retraites (de base et complémentaires) supérieur à 21 milliards d’euros pour
2017. Il va donc falloir trouver des solutions, à court terme, pour sauver notre système de retraite.
Des pistes de réflexion sont d’ores et déjà avancées :
– baisse du rapport entre la pension moyenne et le revenu moyen en période d’activité ;
– augmentation des prélèvements destinés à financer les retraites ;
– nouveau recul de l’âge effectif de départ à la retraite.

Mais nul doute que l’on s’oriente, là encore, vers un « petit âge glaciaire au plan social » !

La théorie des flux (15/2/2013)

Le mois de janvier n’a pas dérogé à la règle : portées par des
flux conséquents et par un manque de placement d’alternative
aux actions, les places boursières ont enregistré des
hausses de l’ordre de 2,50% pour le CAC 40 et l’Eurostoxx50.
En effet,les investisseurs se sont rués sur les fonds actions
internationales avec des souscriptions jamais enregistrées
depuis 2005 (environ +40 milliards aux Etats-Unis sur les
deux dernières semaines), on ressent même une certaine
euphorie et un consensus haussier (dont il faut toujours se
méfier… !) de la part des investisseurs et des analystes. De
plus, les liquidités injectées en masse dans les circuits
financiers par la FED, BCE, Banque du Japon et consoeurs
demeurent un soutien très important pour les actifs financiers.
Comme le marché obligataire mondial est déjà très
bien valorisé avec des espérances de rendement maintenant
plus faibles, le rendement des SICAV monétaires ne
couvre pas l’inflation, il ne reste donc plus que les actions
redevenues plus « fréquentables » aux yeux des investisseurs
internationaux.

Mais, après la forte hausse de ces derniers mois, il est légitime
de se demander s’il n’existe pas une incohérence entre
la perception des investisseurs et l’état réel de l’économie
mondiale ? C’est possible car :
– Aux Etats-Unis, l’ingéniosité de la FED a permis à l’économie
de redémarrer mais elle reste sous perfusion et le gouvernement
doit faire face à des désaccords politiques
majeurs, au défi budgétaire et à la dette.
– Le Japon et la Chine relancent leur économie intérieure
grâce aux travaux d’infrastructures, les effets pour le reste
du monde seront donc limités (sauf peut-être pour les
entreprises européennes exposées au consommateur asiatique
comme Unilever ou l’Oréal).
– En Europe,malgré toutes les avancées,il y a une contradiction
entre la perception des investisseurs et l’état réel de
l’économie.Personne ne sait si la récession ne sera pas plus
longue et importante qu’anticipé.

Que faire ? Il nous semble que les flux de capitaux qui, pendant plus de deux ans, ont fui les actions pourraient revenir massivement (par
défaut) ; il y aurait donc encore du potentiel sur le
marché actions. De plus,au niveau actuel, le marché semble
légèrement sous-évalué par rapport à la moyenne historique.
Enfin, les entreprises que nous rencontrons et que
nous sélectionnons sont soit internationales avec une
croissance visible et séculaire, soit avec des valorisations
attractives ou soit avec une histoire de restructuration.
Concernant les obligations, il
y a clairement moins d’opportunité,nous avons juste vendu
des signatures françaises inférieures à 2 ans ne rapportant
plus que du 1,5% en moyenne.