Le point sur les marchés financiers au 1er juin 2015

Les taux d’intérêt obligataires ont baissé la semaine dernière. Une reprise de la croissance mondiale, conjuguée à la baisse des anticipations d’inflation à moyen terme soutiennent nos prévisions d’une hausse modeste des taux en 2015.
La soudaine remontée des taux obligataires, début mai, semble avoir marqué une pause, du moins pour l’instant. Les taux américains, allemands, britanniques et australiens ont reculé la semaine dernière. Si la vente de biens de consommation durable et les constructions de logements aux Etats-Unis sont à la hausse, d’autres données économiques sont plus mitigées. L’indicateur de surprise économique est presque à son plus bas niveau depuis 6 ans aux Etats-Unis, et est passé négatif en Europe pour la première fois depuis janvier. Par ailleurs, les anticipations d’inflation ralentissent : aux Etats-Unis, les prévisions d’inflation à 10 ans sont passées de 1.95% début mai à 1.80% vendredi dernier. Cette baisse se produit dans un contexte d’appréciation du dollar, qui a atteint son plus haut depuis 12 ans face au Yen. Enfin, la forte volatilité sur des marchés obligataires européens pousse les investisseurs à se tourner davantage vers le marché obligataire américain.

{{· A l’exception notable du Japon, les marchés actions ont perdu du terrain cette semaine. Face aux performances relativement décevante des actions US, les investisseurs ont commencé à réallouer leur capitaux sur d’autres zones géographiques.}}
Si la vague d’opérations de fusions et acquisitions s’est poursuivi la semaine dernière (rachat de Time Warner par Charter Communication et de Broadcom par Avago) les actions américaines ont reculé, les investisseurs admettant à contrecœur une probable remontée des taux dès cet automne. Si les valeurs européennes ont également connu une semaine difficile, le marché nippon a quant à lui établi un nouveau record atteignant son plus haut niveau depuis 15 ans. Face à ces divergences de performances relatives entre zones géographiques, les investisseurs ont été amené à revoir leurs allocations. A ce titre, il est intéressant de noter que les ETF US large cap ont enregistré des rachats de $1.6mrds, tandis que les ETF actions Chine et marchés développés non-US ont respectivement enregistré des flux positifs de $4.2 et $1.5 milliards.

{{· La semaine dernière, les investisseurs ont dû assimilé des déclarations contradictoires de la Grèce et de ses créditeurs. Toutefois, il semblerait que le FMI soit enclin à accorder un délai supplémentaire à la Grèce pour parvenir à une entente.}}
Si l’avancement des négociations reste flou, le FMI a confirmé que la Grèce était en droit de demander un regroupement de ses échéances ce qui lui permettrait de repousser le prochain remboursement de 1.6 mds d’euros à fin juin.

{{· Les valeurs chinoises ont connu une semaine mouvementée. Le marché restant sensible à toute augmentation ou réduction de la liquidité.}}
La très légère baisse des actions chinoises cache des pics de volatilité importants pendant la semaine. Alors que les titres chinois étaient à leur plus haut, le marché actions de catégorie A s’est effondré de 6.50% sur la seule journée de jeudi. La vente des actions chinoises de jeudi dernier s’explique par de nouvelles mesures de réduction des opérations de prêt avec appel de marge et par un resserrement de la liquidité par la banque centrale chinoise.

·{{ Les cours du pétrole ont connu une évolution mitigée sur la semaine. Les inventaires américains continuent de se réduire, mais l’arrivée de nouveaux fournisseurs devrait maintenir les prix dans la fourchette actuelle.}}
L’indice de référence global du pétrole Brent a perdu 1.5% la semaine dernière mais la baisse des inventaires aux Etats-Unis, pour la quatrième semaine consécutive, a permis à l’indice américain WTI d’enregistrer de meilleures performances. Cependant, une reprise des cours soutenue au-dessus des $65 devrait probablement conduire à une accélération de la production de pétrole de schiste. De plus, la probabilité croissante d’un accord avec l’Iran sur le nucléaire et la perspective, à court terme, de levée des sanctions laissent envisager une reprise des exportations de pétrole iraniennes sur les marchés mondiaux.

Newsletter 76 : Nouveauté

{{NOUVEAUTE : Mise en place de FICOVI : quelles conséquences pour vous ?}}

A compter du 1er janvier 2016, les compagnies d’assurance devront déclarer tous les ans au fichier central FICOVI l’existence des contrats de capitalisation et d’assurance-vie, leur valeur de rachat et les primes versées.

Ce fichier permettra notamment à l’administration de vérifier :
– que l’époux survivant a déclaré ses contrats d’assurance-vie dans l’actif de communauté lors du règlement de la succession du conjoint prédécédé,
– que les contrats de capitalisation et d’assurance-vie ont été déclarés à l’ISF.

Soyez donc vigilant pour ne rien omettre dans vos déclarations fiscales…

Newsletter 75 : Le saviez-vous ?

[**{{LE SAVIEZ-VOUS ? Les atouts – souvent – méconnus de l’assurance-vie}}*]

On sait que la fiscalité-décès de l’assurance-vie est plus favorable que celle de la succession, et c’est un de ses principaux avantages, mais ce n’est pas son seul atout…

A titre d’illustration :

– les capitaux-décès ne sont pas soumis au droit de partage (2,5 %),

– ils ne sont pas pris en compte pour le calcul du forfait mobilier de 5 % dans le cadre des droits de succession,

– sauf exception, ils sont exclus de la base de calcul des émoluments du notaire chargé de la succession.

Newsletter 74 : L’assurance-vie

[**{{LES PIEGES A EVITER : Quand la désignation des bénéficiaires tourne au fiasco : comment anticiper ?}}*]

Compte tenu du régime particulier de l’assurance-vie, vous pouvez léser un enfant sans le savoir. Quels sont les écueils à éviter ?

{{L’assurance-vie est « hors succession » : qu’est-ce que ça signifie ? }}

Au-delà de l’aspect fiscal, les capitaux-décès sont versés « en parallèle » de la succession : vous désignez vous-même les bénéficiaires, qui peuvent donc ne pas être vos héritiers…
En raison de leur nature particulière, les capitaux-décès et les primes versées, ne sont pas pris en compte :
– pour le calcul de l’égalité entre les héritiers, qui ne porte que sur les actifs de succession,
– pour le calcul de la « réserve héréditaire », c’est-à-dire la quote-part incompressible de votre patrimoine qui doit revenir à vos enfants à votre décès.

Attention : si les assurances-vie à votre nom sont hors de votre succession, celles au nom du conjoint survivant ET qui dépendent de la communauté peuvent en faire partie.

{{Les assurances-vie pour mon fils, et les biens immobiliers de même valeur pour ma fille : je ne respecte donc pas l’égalité entre eux ?}}

Si vous avez deux enfants et que vous désignez votre fils bénéficiaire de vos contrats d’assurance-vie, il recevra, à votre décès, les capitaux-décès. En revanche, si les biens immobiliers constituent la quasi-totalité de votre patrimoine successoral et que vous les léguez à votre fille, elle devra dédommager votre fils pour lui « payer » sa réserve héréditaire…
Votre fils sera soumis aux droits de succession sur son indemnité, mais il bénéficiera surtout des capitaux de l’assurance-vie en plus…
L’égalité de façade entre les enfants peut donc facilement voler en éclat…

{{Pour rétablir l’équilibre, n’est-il pas possible d’invoquer les « primes manifestement exagérées » ?}}

Afin d’éviter que l’assurance-vie ne soit utilisée pour contourner la réserve héréditaire, le montant des versements ne doit pas être « manifestement exagéré » compte tenu de votre situation patrimoniale et financière, votre âge, etc. sous peine d’une potentielle requalification du contrat en donation.
Est-ce une protection suffisante pour vos enfants ?
Les juges ayant une interprétation stricte du caractère exagéré des primes, cette notion, souvent invoquée par les héritiers lésés, est finalement rarement retenue par les tribunaux. Attention donc à ne pas désavantager un enfant malgré vous…