Revue de marché au 24 août 2015

Avec l’aimable autorisation de BlackRock

Le mouvement de liquidation de positions actions et autres actifs risqués s’est accéléré de manière brutale la semaine dernière. Si les données économiques américaines et européennes restent plutôt positives, les investisseurs s’inquiètent de plus en plus des perspectives sur la croissance mondiale.

Les marchés actions ont essuyé des pertes significatives la semaine dernière, notamment le S&P 500 qui a connu sa pire performance sur une journée depuis novembre 2011. Cette baisse s’est accompagnée d’un écartement des spreads sur l’obligataire « high yield » et d’un pic de volatilité. L’indice VIX est ainsi monté à 28, son plus haut niveau depuis l’automne dernier. Les secteurs défensifs ont surperformé, tandis que l’énergie, les valeurs cycliques (semi-conducteurs) et les biotechnologies ont été frappés lourdement. Plus qu’un catalyseur unique il semble qu’il s’agisse d’une réaction à retardement à plusieurs facteurs : pression sur les marchés crédit, ralentissement de la croissance chinoise, inquiétudes sur la situation de l’économie mondiale. A cela s’ajoute des perspectives d’inflation qui dégringolent rapidement. Dans ce contexte une hausse des taux par la Fed entraînerait une forte hausse des taux réels, un scénario historiquement associé à des corrections sévères sur les actions américaines.

A mesure que grandissent les inquiétudes sur la reprise de la croissance mondiale, les rendements obligataires baissent. Aux Etats-Unis, le scénario d’une hausse des taux en Septembre semble s’éloigner.

Les investisseurs s’en tiennent aux vieilles recettes et cherchent la sécurité des obligations d’Etat dans un contexte de marchés actions chahutés. Les rendements américains à 10 ans sont désormais proches de leur plus bas depuis quatre mois et les autres marchés obligataires majeurs, tels que l’Allemagne, le Japon et l’Australie suivent le même chemin. En parallèle, les rendements court terme US diminuent, les investisseurs anticipant de moins en moins une hausse des taux en Septembre (seulement 34% de chance selon les investisseurs contre 60% il y a à peine quelques semaines). La baisse des rendements globaux continuent d’être alimentée par un effondrement des perspectives d’inflation, le pétrole et les autres matières premières étant à des niveaux très bas.

Malgré des données économiques favorables, les actions européennes ont été particulièrement chahutées la semaine dernière. Les sociétés exportatrices fortement exposées à l’international ont fortement corrigé.

Les données économiques européennes continuent de montrer des signes positifs : l’inflation au UK est sortie au-dessus du consensus, tout comme l’indice manufacturier PMI qui atteint 54.1, grâce notamment au dynamisme de l’économie allemande. Malgré ces chiffres encourageants, les actions européennes ont été les plus touchées la semaine dernière, notamment les constructeurs automobiles et les larges capitalisations allemandes. La vente massive de certaines sociétés exportatrices et des fabricants de produits de luxe nous semble cependant excessive. Pour rappel, la Chine ne représente que 3.7% des ventes de la zone euro et seulement 5.4% des exportations allemandes. Suite à cette correction, les actions européennes se négocient à un cours très inférieur à leurs homologues américaines.

Les actions chinoises continuent de chuter. Contrairement au début de l’année, les investisseurs réagissent désormais négativement au ralentissement de l’activité économique en Chine.

La semaine dernière, les actions chinoises domestiques de catégorie A ont reculé de 12%, tandis que le marché des actions de catégorie H ont mieux résisté, même si elles ont fini la semaine dans le rouge. Les investisseurs montrent des signes d’inquiétude face à l’affaiblissement des données économiques en Chine et notamment le PMI (Indice des directeurs d’achat) qui est au plus bas niveau depuis 6 ans. Ceci semble renforcé par une étude de la Banque Mondiale, qui montre que la récente dévaluation en Chine pourrait avoir un effet limité et, que les dévaluations de devise en général sont deux fois moins efficaces que dans les années 90, en raison d’une plus grande dépendance aux approvisionnement externes et de la répercussion sur le prix des importations.

Les devises et actions des marchés émergents sont en difficulté. Jusqu’ici il n’ y a pas encore de « guerre des devises » mais des réactions face à la dévaluation du Yuan.

La vente massive des actifs risqués de la semaine dernière a été particulièrement manifeste sur les marchés émergents. Le Baht thaïlandais et le Ringgit malais continuent d’être sous pression. Le Vietnam a été le premier pays à réagir directement à la dévaluation du Yuan en élargissant les marges autour de sa propre devise. La plupart des marchés émergents sont maintenant dans le rouge et les valorisations demeurent attractives comparées aux marchés développés, bien que supérieures aux niveaux de 1998 et 2008.

Le point sur les marchés financiers au 24 août 2015

Avec l’aimable autorisation de DNCA Investments

LA VIE DES MARCHÉS

Les marchés actions (en Europe et aux Etats-Unis) sont entrés dans une phase de correction en raison des multiples sujets d’inquiétude apparus au cours du mois d’août. En effet, les nouvelles apparaissent toujours plus alarmantes sur la situation chinoise (fuite des capitaux, indice PMI à son point bas depuis 2009, creusement du déficit commercial japonais dû à la faiblesse de la demande chinoise).

Aux Etats-Unis, le discours ambigu de la Fed, notamment parce que cette dernière est déjà en retard dans son cycle de relèvement des taux par rapport à la croissance américaine, ne peut qu’entretenir un climat de défiance parmi les investisseurs.

L’Europe est de nouveau contaminée par la démission du gouvernement Tsipras et des nouvelles élections prévues pour septembre, un schéma somme toute prévisible au vu du cuisant volte-face politique lors des négociations avec l’Europe. Comme la Grèce est pilotée techniquement et économiquement par l’Europe, le résultat des élections n’est pas intrinsèquement crucial bien qu’il faille toutefois qu’une majorité se dégage pour voter les lois. Le geste monétaire de la Chine a eu comme conséquence de raffermir l’euro vs le dollar (1,12) ce qui pourrait réduire l’avantage compétitif des exportateurs européens.

En revanche, la combinaison d’un pétrole qui continuerait de baisser et d’un euro plus fort diminuera d’autant la facture énergétique pour les pays européens. La saison des publications semestrielles s’achève et c’est une des meilleures pour l’Europe et pour la France depuis 2009. Les rencontres avec les dirigeants des entreprises au mois de septembre vont permettre d’évaluer le momentum de la croissance mondiale.

Des points d’entrée commencent à apparaître sur certaines valeurs ou certains secteurs, notamment sur le pétrole. En effet, une analyse corrélative du prix du baril par rapport à l’indice d’inflation aux Etats-Unis montre qu’à ce niveau de cours, la corrélation est passée en dessous de sa moyenne historique. C’est probablement encore tôt pour revenir massivement sur le secteur pétrolier car les bénéfices des majors doivent intégrer la dernière jambe de baisse du baril mais il faut commencer à se positionner sur un secteur qui possède toujours autant de vertus : bon free cash flow yield et capacité de distribution de dividendes généreux.