Revue de marché au 21 septembre 2015

Avec l’aimable autorisation de BlackRock

Après avoir enregistré de solides performances, les marchés se sont retournés en fin de semaine. La décision de la FED de ne pas remonter les taux américains fait craindre aux investisseurs que l’état de la croissance mondiale soit plus inquiétant qu’anticipé.

Les stocks ont commencé la semaine dans le vert, bénéficiant d’une volatilité en baisse (l’indice VIX passant pour la première fois sous 20 depuis le 20 août dernier). Malheureusement, le rallye s’est arrêté brusquement suite à la décision de la FED de reporter à plus tard la remontée de ses taux directeurs. Les marchés européens ont été les plus impactés, les investisseurs s’inquiétant d’une hausse potentielle de l’euro par rapport au dollar et de son impact sur les exportations.

Les inquiétudes croissantes autour de la croissance mondiale et de la Chine expliquent en partie le report de la remontée des taux américains.

Si de nombreux membres du comité FOMC anticipent une augmentation des taux avant la fin de l’année, le ralentissement de la croissance mondiale et les difficultés rencontrées par l’économie chinoise n’est pas étrangère à la décision de jeudi. Sur le marché obligataire, la courbe des taux s’est aplatie. Aux Etats-Unis, les taux à 2 ans sont passés sous les 70 points de base après avoir atteint 80 points de base, leur niveau le plus haut depuis avril 2011. Les rendements obligataires ont également cédé du terrain en Allemagne, au Japon et en Australie en raison des préoccupations soulevées par l’absence d’action de la FED. Dans ce contexte, le dollar a chuté et le cours de l’or est reparti à la hausse. L’indice Dollar (DXY) a baissé de plus de 4% par rapport à ses plus hauts d’août et l’once d’or a rebondi de plus de $35 en fin de semaine.

La croissance des salaires au Royaume Uni pourrait forcer une remontée des taux par la Banque of England dès les premiers mois de 2016. Cette perspective continue de faire monter la livre sterling.

Contrairement aux Etats-Unis et au reste des pays développés, le Royaume Uni connait une remontée significative des salaires. Les derniers chiffres montrent une croissance des salaires de 2,9% sur un an, soit la plus forte hausse depuis 2009. Il semble peu probable que la banque d’Angleterre précède la Fed, mais cette hausse des salaires laisse envisager une probable remontée des taux début 2016. La livre sterling s’est ainsi appréciée de 3% par rapport au dollar au cours des deux dernières semaines.

Les marchés chinois ont à nouveau connu une semaine difficile. A l’inverse, nombre de pays émergents ont vu leurs marchés actions rebondir.

A l’exception d’un surprenant bon chiffre pour les ventes au détail, les données économiques chinoises continuent de décevoir. L’indicateur des investissements en immobilisations croit à présent à son rythme le plus faible depuis 15 ans et les chiffres de la production industrielle sont médiocres. Si les actions H du marché de Hong Kong (marché chinois offshore/international) ont rebondi très légèrement, les actions A du marché domestique ont baissé entre -3 et -6% sur la semaine. Les autres marchés émergents s’en sont mieux sortis, certains investisseurs étant à la chasse aux bonnes affaires. Car, si certains chiffres positifs ont été relevés en Inde, en Corée du sud, en Turquie et même au Brésil, c’est avant tout le niveau des valorisations qui semble expliquer ce rebond. Au plus bas, les actions émergentes se sont traitées à 1,3 fois leurs valeurs comptables et les ratios cours/valeur comptable (P/B) sont à leurs niveaux les plus faibles depuis la fin de la crise financière. La décote par rapport aux marchés développés est de plus de 35%, soit le niveau le plus élevé depuis 12 ans. Cependant, il nous semble important de rester vigilant sur les devises émergentes et de se rappeler que l’univers n’est pas homogène. Nous recommandons à ce titre d’être très sélectif.