Revue de marché au 25 juillet 2017

Les arguments en faveur des actions japonaises

Après leur récent rebond, les actions japonaises devraient selon nous rester orientées à la hausse grâce aux perspectives bénéficiaires encourageantes, à des valorisations relativement peu élevées et à la stabilité du yen sur fond de politique monétaire toujours ultra-accommodante. Les actions japonaises se rapprochent de ces mêmes pics qu’elles ont eu bien du mal à franchir au cours des dernières décennies. Est-ce différent cette fois-ci ? Nous pensons qu’il existe des raisons de faire preuve d’optimisme. Les valorisations (la ligne verte) sont inférieures à celles des précédents points hauts du marché actions (la ligne bleue). De plus, les actions japonaises apparaissent bon marché dans le contexte mondial. Par exemple, elles affichent une décote de 20 % par rapport aux actions américaines sur la base du ratio cours/bénéfice prévisionnel à 12 mois.

Les valorisations ne sont pas tout

A elles seules, des valorisations faibles ne constituent pas un signal d’achat valable ; néanmoins, l’amélioration des perspectives sur les résultats conforte encore un peu plus l’attractivité des actions nipponnes. Nous nous attendons en 2017 à la plus forte croissance depuis trois ans des bénéfices des entreprises japonaises. La croissance économique mondiale soutenue dope les bénéfices réalisés à l’étranger, tandis que les salaires augmentent tout juste suffisamment pour stimuler la consommation intérieure sans pour autant éroder les marges de profit. Le redressement des bénéfices est également révélateur d’une plus grande attention accordée par les entreprises à la rémunération des actionnaires. La rentabilité des sociétés nipponnes s’améliore, mais elle demeure toutefois bien inférieure à celle des autres pays développés. La rentabilité des actifs, une mesure de l’efficacité des entreprises, a retrouvé ses niveaux d’avant la crise, tandis que les sociétés japonaises ont sensiblement réduit leurs niveaux d’endettement. Dans le même temps, les bénéfices augmentent plus rapidement que les distributions de dividendes et les rachats d’actions, une situation qui est ainsi gage d’un considérable potentiel d’amélioration des rémunérations des actionnaires.

Les achats d’actions de la BoJ et la préférence grandissante des investisseurs nationaux pour les actions sont des éléments de soutien. Suite à la récente diminution des flux de capitaux des investisseurs étrangers, les actions japonaises sont loin d’être « sur-traitées ». Un autre facteur de soutien est la politique monétaire ultra-accommodante de la BoJ, laquelle contraste ainsi avec la normalisation entamée par la Réserve fédérale américaine et l’imminente inflexion des mesures monétaires de soutien de la BCE. Dans ce contexte, le yen devrait selon nous continuer d’évoluer au sein d’une fourchette de fluctuation stable. Toute appréciation rapide de la devise serait le principal risque qui pèse sur la hausse des actions japonaises.

En conclusion : nous surpondérons les actions japonaises (exposition couverte contre le risque de change pour les investisseurs non japonais) et marquons une préférence pour les sociétés enregistrant une croissance de leurs bénéfices à l’étranger.

Revue de marché au 17 juillet 2017

Révision des anticipations à l’égard des taux d’intérêt

Les banques centrales tournent de plus en plus le dos aux politiques monétaires excessivement accommodantes. Après leur hausse de la semaine précédente, les rendements ont marqué une pause, en partie sous l’effet des chiffres modérés de l’inflation. Toutefois, nous les entrevoyons encore augmenter progressivement, confortant ainsi notre préférence pour les actions au détriment des obligations. Les prévisions de resserrement monétaire se sont renforcées au niveau mondial en juin après que les marchés aient considéré les propos de la BCE comme étant offensifs. C’est d’ailleurs ce dont a témoigné la forte augmentation du différentiel de rendement entre les échéances à 2 et 5 ans, une mesure clé des anticipations à l’égard de la politique monétaire. Comme l’illustre le graphique ci-dessus, c’est en Allemagne que cet écart s’est le plus creusé.

le début de la fin des politiques monétaires ultra-accommodantes

Le principal catalyseur de cette révision à la hausse a été les propos tenus en juin par le président de la BCE, Mario Draghi, selon lesquels la politique avait besoin d’être normalisée. Il a ainsi déclaré que « l’orientation dominante de la politique monétaire sera plus accommodante » dans la mesure où les conditions financières favorables contribuent à accélérer l’activité économique. Nous entrevoyons l’inflation finir par s’accélérer à la faveur du soutien monétaire en cours, une croissance soutenue de l’économie mondiale et une amélioration des perspectives de la zone euro. En conséquence, la BCE devrait selon nous annoncer en septembre la réduction de ses achats d’actifs à partir du début de l’année 2018. Nous nous attendons à ce que la Banque centrale fasse preuve de prudence et de patience dans le cadre du retrait de ses mesures monétaires de soutien.

Aux États-Unis, la Fed semble déterminée à poursuivre la normalisation de ses taux d’intérêt et à commencer à réduire la taille de son bilan dès cette année. Sa présidente, Janet Yellen, a d’ailleurs semblé corroborer cette prise de position la semaine passée à l’occasion de son discours devant le Congrès que nous avons considéré comme étant en phase avec les communications passées. De même, la Banque du Canada a procédé la semaine passée au premier relèvement de ses taux depuis 2010 et les marchés en prévoient un autre en octobre prochain.

Selon nous, les rendements obligataires devraient modérément augmenter au niveau mondial dans ce contexte de normalisation progressive des politiques monétaires et de croissance économique mondiale soutenue. Cette situation vient conforter notre préférence marquée pour les actions au détriment des obligations, ainsi que pour les facteurs de style « momentum » et « value ». Le risque entourant nos prévisions est de voir la normalisation des politiques monétaires mondiales déstabiliser les marchés obligataires davantage que ce que nous prévoyons et une forte hausse des rendements obligataires pénaliser la croissance économique et les valorisations des actions. Nous le considérons toutefois comme peu probable.

Newsletter 126 : Salarié à domicile ? la bonne idée de la rentrée et un avantage fiscal en plus!

Difficile de reprendre le rythme à la rentrée, avec les corvées ménagères du quotidien, les devoirs pour les enfants… Pour ne pas perdre trop vite le bénéfice des vacances, vous pouvez employer un salarié à votre domicile pour faire du ménage, du repassage, garder vos enfants ou leur fournir un soutien scolaire.

Cerise sur le gâteau : vous bénéficierez d’un crédit d’impôt sur le revenu !

Vous pouvez passer par un organisme habilité ou employer directement le salarié. Dans ce dernier cas, vous devenez « employeur » et vous devez respecter certaines obligations : formalités d’embauche (et éventuellement de licenciement) déclarations à l’URSSAF, établissement de bulletins de paie, calcul des congés payés… Le crédit d’impôt, c’est bien mais gare aux pièges administratifs !

L’avantage fiscal

L’emploi d’un salarié à domicile donne droit à un crédit d’impôt correspondant à la moitié des sommes versées. Exemple : Si vous payez des heures de ménage pour 200 € par mois charges incluses, elles vous « coûtent » en réalité 100 €.

Attention, les dépenses prises en compte sont limitées selon la composition de votre foyer à 15 000 € / an, soit une réduction d’impôt maximale de 7 500 € sur l’année. Si vous employez, en direct et pour la 1ère fois un salarié à domicile, le crédit d’impôt peut aller jusqu’à 9 000 €.

Les prestations fournies sont limitatives. Vous pouvez demander par exemple : garde d’enfant à domicile, garde-malade, entretien de la maison, jardinage, petit bricolage, soutien scolaire, préparation et livraison de repas, assistance informatique et internet, promenade d’animaux…

Chef d’entreprise : récompensez, fidélisez et motivez vos salariés !

Vous pouvez offrir à vos employés des heures de services à la personne en bénéficiant vous-même d’avantages fiscaux et sociaux :

  • Pas de cotisations sociales sur les sommes versées, dans la limite de 1 830 € / an et par salarié
  • Un crédit d’impôt pour l’entreprise égal à 25% des sommes versées, plafonné à 500 000 € par an
  • Une déduction des sommes versées du résultat fiscal et donc l’impôt de l’entreprise diminue.

Pour le salarié, les sommes versées n’ont pas le caractère de salaire et ne sont donc pas imposables à l’impôt sur le revenu.

L’embauche

Un contrat de travail écrit est obligatoire pour les emplois d’une durée supérieure à 8 heures / semaine. Cependant, nous vous conseillons vivement de toujours établir un contrat de travail car il permet de définir les droits et obligations de chacun et de prévoir notamment une période d’essai, le lieu et les horaires de travail, la description du poste, les jours de repos, la rémunération, les indemnités kilométriques, les modalités de règlement des éventuels litiges…

Le contrat de travail doit être rédigé en deux exemplaires, daté et signé par vous et votre salarié

 

La rémunération de votre salarié

Elle ne doit pas être inférieure ni au SMIC ni au salaire minimum fixé par la Convention Nationale des Salariés du Particulier Employeur, soit au moins 9,76 € brut / heure, et doit être majorée de 10 % au titre d’indemnité de congés payés. Les cotisations sociales salariées et employeurs sont également dues, avec une réduction forfaitaire de 2 € pour chaque heure de travail.

La rupture du contrat de travail

Le licenciement doit être justifié par une « cause réelle et sérieuse » comme un changement de situation ou une faute du salarié. Une procédure spécifique doit être respectée : convocation du salarié à un entretien préalable par LRAR, entretien pour expliquer les motifs de la décision envisagée et confronter les points de vue. Si vous maintenez votre décision, vous devrez notifier le licenciement par LRAR.

Un délai de préavis doit être respecté par le salarié en fonction de son ancienneté : 1 mois pour 6 mois à 2 ans d’ancienneté.

Vous devrez calculer le solde de tout compte incluant notamment : une indemnité de congés payés et une indemnité de licenciement si le salarié était en CDI, sauf en cas de faute grave ou lourde.

L’indemnité de licenciement

Le montant ne peut être inférieur à un 5ème de mois de salaire par année d’ancienneté + 2/15ème de mois par année au-delà de 10 ans d’ancienneté.

Vous pouvez prévoir une rupture conventionnelle du contrat de travail en vous mettant d’accord avec le salarié. Ce choix doit être formalisé par écrit en mentionnant la date de la rupture et le montant de l’indemnité (souvent inférieure à l’indemnité de licenciement). La convention doit être homologuée par la DIRECCTE.

Simplifiez-vous la vie avec le Cesu

Pour simplifier vos démarches, adhérez au Centre national du Chèque emploi-service universel (Cesu) qui fera pour vous les prestations suivantes :

  • il fournit un modèle de contrat de travail.
  • il effectue le calcul des cotisations sociales à acquitter et prélève le montant dû sur votre compte bancaire.
  • il transmet au salarié un document valant bulletin de paie vous dispensant d’établir un tel bulletin.
  • il calcule les congés payés.

Le CESU peut prendre plusieurs formes :

  • le CESU « déclaratif » : il vous permet de déclarer votre salarié sur Internet ou grâce à un volet social contenu dans un carnet ou dans un chéquier emploi service universel. Le salarié est rémunéré selon le moyen de paiement de votre choix.
  • le CESU « préfinancé » : il constitue un titre de paiement à montant prédéfini.

 

Organisme spécialisé Particulier employeur
Vous bénéficiez d’un service clé en main : vous êtes moins libre mais vous n’avez aucun souci de gestion. Vous gérez de façon autonome le travail de votre intervenant mais les formalités administratives peuvent être lourdes.
Le coût est plus élevé à cause des services rendus par l’entreprise. Possibilité de déléguer une partie des formalités administratives en utilisant le Cesu.

 

Pour contacter le Centre du Cesu

L’adhésion peut se faire auprès de l’URSSAF, auprès de votre établissement bancaire habituel, ou par internet sur le site www.cesu-urssaf.fr.

Centre national du Chèque emploi service universel
63, rue de la Montat
42 961 Saint-Étienne cedex 9
Tél : 0 820 00 23 78

Newsletter 125 : Réformes « Macron » en cours, comment anticiper ?

Plusieurs réformes sont en cours d’élaboration. Comment faire les bons choix patrimoniaux ? Eclairage sur 3 mesures importantes : le prélèvement à la source, le « nouvel » ISF et l’assurance-vie.

 Le prélèvement à la source

Le prélèvement à la source ne sera finalement appliqué qu’à compter du 1er janvier 2019. Quelles conséquences sur votre fiscalité d’ici la fin de l’année ?

  • Les versements sur vos contrats PERP ou Madelin retrouvent toute leur pertinence. Profitez-en car sur 2018, les stratégies de versements seront sans doute à réajuster…
  • Les travaux dans vos logements locatifs seront de nouveau pleinement efficaces pour réduire vos impositions. En 2018, seuls les travaux très significatifs seront pertinents…
  • Les impositions sur les distributions de dividendes et les cessions de titres seront en théorie plus intéressantes en 2018 qu’en 2017 avec les règles du prélèvement à la source… à moins que ces régimes ne soient amendés dans l’intervalle : une taxation à 30 %, prélèvements sociaux inclus, est en projet… à suivre…

Le nouvel ISF

L’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) deviendrait l’IFI (impôt sur la fortune immobilière)… Mais à quoi devrait ressembler l’IFI ?

Le seuil d’imposition à 1 300 000 €, le barème et l’abattement de 30 % pour la résidence principale ne changeraient pas. Seuls les biens immobiliers seraient taxables. Ainsi, tous les meubles (voiture, mobilier…) et tous les placements bancaires et financiers (livret A, LDD, compte-titres, compte à terme, PEA, PEL, assurance-vie…) seraient exonérés.

Cette mesure est destinée à favoriser les investissements dans l’économie réelle pour soutenir les entreprises.

Et les gagnants sont…

  • Les personnes dont le patrimoine est essentiellement constitué de placements mobiliers.
  • Les associés minoritaires des entreprises familiales jusqu’à présent taxables car ils n’atteignaient pas le seuil de participation de 25 % exigé par la loi ou n’exerçaient pas d’activité dans l’entreprise. Ils seraient désormais exonérés du seul fait d’être associé.

Faut-il pour autant limiter vos investissements immobiliers ?

La question ne se pose pas vraiment pour vos résidences principale ou secondaire. Elle est plus pertinente pour l’immobilier de rendement. Cependant, l’ISF n’est qu’un élément à prendre en compte pour évaluer l’opportunité d’un placement : il faut aussi tenir compte du rendement, de l’espérance de plus-value, du risque, de la fiscalité des revenus et pour la transmission…

L’immobilier conserve évidemment des atouts. Mais, la solution sera peut-être l’acquisition de parts de société civile ou de SCPI, en direct ou via des contrats d’assurance-vie… voire de la nue-propriété de biens immobiliers… Ceci reste à confirmer lorsque les contours de l’IFI seront précisés.

L’assurance-vie

La réforme ne devrait pas remettre en question la fiscalité en cas de décès mais seulement en cas de rachat :

  • les prélèvements sociaux passeraient à 17,2 % au lieu de 15,5 %,
  • une « taxe forfaitaire » à 30 % (prélèvements sociaux inclus) serait instaurée au lieu d’une taxation dégressive aux taux de 35 %, 15 % ou 7,5 %.

 En clair, pour un rachat effectué sur un contrat souscrit il y a plus de 8 ans, vous seriez taxé à 30 %, au lieu de 23 % actuellement.

Seuls les nouveaux contrats, et les versements supérieurs à 150 000 € sur les anciens, seraient concernés. Il est donc intéressant de souscrire ou verser avant l’entrée en vigueur de cet impôt unique.

Même si ces dispositions ne sont votées qu’en fin d’année, l’entrée en vigueur sera sans doute effective, pour éviter les effets d’aubaine, au jour de la présentation de la loi de finances c’est-à-dire normalement à l’automne.

Globalement, l’assurance-vie restera, à n’en pas douter, un excellent placement. Ainsi, la souscription d’un nouveau contrat ou un versement sur vos contrats actuels avant la fin de l’été est à envisager sérieusement.

  •