Revue de marché au 17 novembre 2017

Le caractère bien orienté des bénéfices des entreprises au 3ème trimestre et la croissance mondiale supérieure à sa tendance étayent notre préférence pour les actions en Europe, au Japon et sur les marchés émergents. La croissance des bénéfices est solide, les valorisations sont attractives et les principales banques centrales en dehors des États-Unis demeurent accommodantes.

Les bénéfices des entreprises en dehors des États-Unis se sont redressés comme l’illustre le graphique ci-dessus. Ils comblent désormais leur retard avec les bénéfices aux États-Unis. Pourquoi ont-ils sous-performé aussi longtemps ? Les raisons incluent notamment une problématique de capacités excédentaires, la baisse des prix des matières premières, la forte appréciation du dollar américain et le ralentissement économique en Chine. La situation est désormais différente grâce à la croissance mondiale la plus synchronisée de la période post-crise. Le redressement des bénéfices en Europe et au Japon est intervenu cette année en dépit de l’impact négatif de l’appréciation des devises sur les exportateurs. Dans les deux régions, la croissance des bénéfices devrait excéder celle aux États-Unis en 2017. Selon nous, cette tendance devrait se poursuivre grâce notamment à l’atténuation progressive de la vigueur observée depuis le début de l’année de l’euro et du yen.

Identifier les gagnants des bénéfices

Nous entrevoyons de meilleures perspectives pour les marchés actions en dehors des États-Unis au cours des prochains trimestres. La croissance économique mondiale commence enfin à faire ressentir ses effets sur les bénéfices des entreprises au Japon, en Europe et dans les pays émergents. Le regain de vigueur de l’euro et du yen intervenu plus tôt cette année a suscité des doutes concernant les performances des entreprises, mais n’a finalement eu que peu de conséquences sur leur rentabilité. La croissance des bénéfices des entreprises japonaises s’est établie à 17 % au cours du dernier trimestre ; il s’agit là de la plus forte augmentation en année glissante de tous les grands pays développés. Cette dynamique devrait persister en 2018. Notre prévision d’une modeste appréciation du dollar américain conforte les arguments en faveur des actions non américaines dans la mesure où les bénéfices générés par les exportations se voient offrir un coup de pouce supplémentaire par la vigueur du commerce mondial.

La difficulté des comparaisons en année glissante implique que 2018 a peu de chances de devenir une autre année de croissance des bénéfices à deux chiffres. A mesure que culmine la croissance des bénéfices, nous nous attendons à observer une plus grande dispersion entre les performances des actions – un écart grandissant entre les gagnants et les perdants des bénéfices. Ce faisant, les investisseurs vont devoir se concentrer sur les régions et les secteurs où la croissance des bénéfices témoigne d’une résistance et d’une durabilité. Le secteur de la technologie s’est particulièrement illustré au niveau mondial en démontrant qu’il pouvait faire encore mieux que des anticipations déjà élevées en ayant enregistré les plus importants dépassements de prévisions de tous les secteurs aux États-Unis, en Europe et en Asie au cours du dernier trimestre.

Toutefois, les secteurs cycliques sont selon nous très bien placés dans cet environnement. La finance a compté pour près de 20 % dans la croissance des bénéfices au niveau mondial cette année, une part que nous nous attendons à voir augmenter en 2018 sous l’effet de la hausse des rendements.

 

En conclusion : nous pensons que les actions non américaines, en particulier au sein des secteurs cycliques, sont attractives compte tenu de nos prévisions d’un environnement marqué par une croissance mondiale soutenue et supérieure à sa tendance, des valorisations relativement attrayantes et des banques centrales accommodantes. Nous apprécions les facteurs de style « momentum » et « value ».

Newsletter 132 : Projet de loi de finances 2018 « l’ISF remplacé par l’IFI»

L’ISF deviendrait l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) à partir du 1er janvier 2018… Désormais seuls les biens immobiliers seraient taxables.

Cependant, le seuil d’imposition de 1 300 000 €, le barème et l’abattement de 30 % sur la résidence principale ne seraient pas modifiés.

Ainsi, tous les meubles (voiture, mobilier…) et tous les placements bancaires et financiers (livret A, LDD, compte à terme, PEA, PEL,) seraient exonérés. Il en serait de même pour les contrats d’assurance-vie et les comptes titres… sauf s’ils intègrent des fonds immobiliers…

L’immobilier professionnel resterait exonéré s’il est affecté à une activité opérationnelle qui constitue l’activité principale de la personne ou s’il est mis à disposition d’une société considérée comme un bien professionnel.

 

Optimisation ?

 

  • Certains ont pu envisager la vente de leurs biens immobiliers à une société pour échapper à l’IFI, il faut écarter cette stratégie pour deux raisons :

ˆ Les biens immobiliers non professionnels resteraient taxés, qu’ils soient détenus en direct ou par une société, ou via des SCPI/OPCI détenus en direct ou au sein de contrats d’assurance-vie/contrats de capitalisation.

ˆ Le compte courant d’associé ou l’emprunt bancaire souscrit par la société pour acquérir ces biens immobiliers ne serait pas déductible de la valorisation des titres de la société. Aucun avantage fiscal ne pourrait donc en être retiré.

 

 

  • Est-il   possible   d’obtenir   une   réduction   d’ISF   ? Seule la réduction pour dons à certains organismes se- rait maintenue. Cependant, les réductions FIP, FCPI et souscription au capital de PME resteraient possibles en cas de souscription avant le 31 décembre 2017 pour s’imputer sur l’IFI 2018. Il est donc urgent de se positionner

Newsletter 131 : Projet de loi de finances 2018 “Prélèvement forfaitaire unique PFU”

Presque tous les revenus financiers perçus à compter du 1er janvier 2018 seraient désormais soumis à un prélève- ment forfaitaire unique (PFU ou « flat tax ») au taux de 30 % (soit 12,8 % + 17,2 % de prélèvements sociaux). Il s’agit entre autres des dividendes, des intérêts de livrets ou de contrats d’assurance-vie, des plus-values issues de la vente de sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés ou de SICAV…

L’abattement de 40 % sur les dividendes et les abattements sur les plus-values mobilières seraient supprimés, sauf en cas d’option pour une imposition au barème progressif. Attention, cette option serait globale pour l’année en cours, c’est-à-dire appliquée pour tous les revenus soumis au PFU. Notez que la CSG déductible de l’année suivante serait portée à 6,8 %, mais elle ne serait plus déductible si l’on reste soumis au PFU… L’acompte (et la possibilité de dispense d’acompte) sur les di- videndes et intérêts serait maintenu mais au taux de 12,8 %.

 

Optimisation ?

  •  Les chefs d’entreprises n’ont aucune raison de précipiter les distributions de dividendes avant la fin de l’année.
  •    Les dirigeants partant en retraite auront parfois intérêt   à avancer la date de la cession de leur entreprise pour bénéficier du cumul des abattements de 500 000 € et de 85 % au-delà de 8 ans de détention.
  •  Les détenteurs de contrats d’assurance-vie subiraient, en cas de rachat, une fiscalité différentiée en fonction de la durée du contrat (+/- 8 ans), la date de versement (notamment avant ou après le 27 septembre 2017) et du montant total des versements effectués sur tous leurs contrats (+/- 150 000 €). Ils ont donc intérêt à ne plus verser sur les contrats existants et à souscrire de nou- veaux contrats afin de dissocier et mieux maîtriser les règles fiscales applicables à chaque rachat.

Revue de marché au 08 novembre 2017

Les rendements des emprunts d’État britanniques (gilts) ont augmenté en prévision du relèvement des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre (BoE) le 2 novembre, et ce, en réponse au niveau élevé de l’inflation. La croissance du Royaume-Uni s’est certes accélérée au 3ème trimestre, mais la fragilité de l’économie devrait selon nous continuer de contenir le rythme du resserrement monétaire de la BoE. La hausse des prix (l’inflation globale a atteint son plus haut niveau en cinq ans en septembre) a des conséquences néfastes sur les dépenses des ménages dans la mesure où les salaires n’augmentent pas au même rythme.  C’est d’ailleurs ce dont ont témoigné les ventes au détail qui sont tombées à un niveau jamais observé depuis 2013 au cours du 3ème trimestre. C’est là une situation qui contraste avec l’évolution haussière de notre indicateur GPS Macro pour les autres économies du G7 (la ligne verte) et qui nous incite à la prudence vis-à-vis de nombreux actifs britanniques.

Des perspectives de croissance modérées en raison du Brexit

Le caractère modéré des perspectives de croissance du Royaume-Uni contraste fortement avec l’année 2016, lorsque le Royaume-Uni côtoyait l’Allemagne tout en haut des graphiques relatifs aux prévisions de croissance des pays du G7. Les négociations sur le Brexit pèsent tout particulièrement sur l’économie britannique. Des progrès significatifs sur trois questions clés sont nécessaires pour que les discussions puissent enfin passer au sujet des relations commerciales post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) : les droits des citoyens de l’UE au Royaume-Uni et vice versa, les engagements financiers du Royaume-Uni vis-à-vis de l’UE et enfin, la question de la frontière irlandaise. Lors de leur récent sommet, les dirigeants européens ont indiqué que certains progrès avaient certes été accomplis sur ces questions au cours des dernières semaines, mais qu’ils n’avaient toutefois pas été suffisants pour faire avancer les négociations.

L’élément clé afin de soutenir les investissements et la confiance des entreprises au Royaume-Uni est un accord sur une période de transition qui amortirait les conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l’UE en mars 2019 en permettant au Royaume-Uni de poursuivre ses relations commerciales sur la base des conditions existantes. A ce stade, nous entrevoyons la conclusion d’un accord « de principe » sur une période de transition d’ici la fin du 1er trimestre 2018, mais cela n’est pas acquis d’avance. L’incertitude est grande et plus elle durera, plus elle pénalisera l’économie intérieure. Plus nous nous rapprocherons du mois de mars 2019 sans la conclusion d’un accord et plus les sociétés domiciliées au Royaume-Uni commenceront à élaborer des plans en prévision d’un possible Brexit sans accord.

Ces perspectives de croissance modérées ont des conséquences pour les actifs britanniques. Nous nous montrons prudents à court terme à l’égard de la duration des actifs obligataires au Royaume-Uni dans la mesure où la BoE est susceptible de relever ses taux d’intérêt cette semaine. Les prochaines décisions de la Banque centrale sont moins claires et pourraient s’inspirer des marchés obligataires internationaux. De même, nous observons le maintien de la livre sterling à court terme, mais les risques qui l’entourent sont toutefois baissiers à moyen terme dans la mesure où elle fait office de baromètre des inquiétudes liées au Brexit. Nous identifions des risques similaires sur le marché des actions britannique des entreprises exposées au marché domestique, raison pour laquelle nous privilégions les sociétés britanniques et celles de la zone euro exposées à la croissance soutenue de l’économie mondiale.